L'ESS cherche ses cadres

Auteur : Sylvie Laidet
avril 2011

Plus d’un salarié sur dix travaille dans le secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS). Et les chiffres devraient continuer à progresser. La croissance du secteur et le vieillissement de sa population salariée devraient créer un nouvel appel d’air côté embauches. Notamment pour les cadres. Explications.

Des cadres âgés à remplacer

« Actuellement plus d’un cadre de l’ESS sur 5 à plus de 55 ans. Donc d’ici à 2018, entre 55 000 et 97 000 cadres partiront à la retraite », estime Coralie Faure, chargée de mission à l’observatoire national de l’ESS du Conseil national des chambres régionales de l' Economie sociale.

Ces cadres de 55 ans et plus se trouvent essentiellement dans les coopératives (28%) et les mutuelles (33%). Même si tous les partants ne seront pas systématiquement remplacés, car comme dans l’économie lucrative, l’ESS n’échappe pas aux fusions d’entreprises, le secteur va continuer à recruter des cadres.

Des cadres pour quoi faire ?

Du fait du désengagement de l’Etat, par exemple dans l’octroi de subventions aux associations, mais aussi parce que pour exister l’ESS se doit d’être très compétitive, le secteur est en train de se professionnaliser.

Ainsi, les gestionnaires, les pros de la collecte de fonds, les contrôleurs internes, les juristes, les coordinateurs, les spécialistes des systèmes d’information mais aussi les encadrants de bénévoles, les coordinateurs d’actions locales sont les bienvenus.

Sans oublier les nombreux postes de chargés de mission, de chefs de projets visant au développement local de l’ESS. Et bien sûr, dans les grosses mutuelles d’assurance, les grandes banques mutualistes recherchent toujours de nombreux conseillers de vente, des gestionnaires de patrimoine… bref, tous les métiers inhérents aux institutions financières quelles qu’elles soient.

Une pénurie de cadres dans l’ESS ?

Non, actuellement, le marché est déséquilibré au profit des employeurs. Alors comment se faire remarquer lors d’un entretien ? Comme ailleurs, les recruteurs de l’ESS se focalisent sur les compétences. « Ne perdons pas de vue que dans l’économie sociale, il est certes question de social mais aussi d’économie. Les entreprises de l’ESS ont des exigences de performance car elles évoluent sur des marchés de plus en plus concurrentiels et techniques. Il leur faut donc des collaborateurs capables de faire du business et pas de simples idéalistes », insiste Guillaume Chocteau, délégué général de Ressources solidaires, un site spécialisé dans l’emploi de l’ESS.

Du coup, en entretien, mettez d’abord en avant vos compétences, votre savoir-faire et votre savoir être. Votre quête de sens et votre « plus-value sociale » doivent être abordées avec précaution. « Attention à ne pas s’engluer dans un discours humaniste, car là on est dans le sentiment et le subjectif et il se peut que le recruteur ne partage pas ces valeurs. Donc prudence », recommande-t-il.

Faites comme Alain Perry, aujourd’hui responsable des systèmes d’information chez France Active, un réseau solidaire d’aide à la création et au développement d’entreprise : « lors de l’entretien d’embauche, j’ai montré que je connaissais les atouts et les contraintes du secteur de l’ESS, notamment le fait de travailler en réseau ». Mais il ne s’est pas appesanti sur ces idéaux.


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