« Un cadre de l’ESS à la tête dans les étoiles et les pieds sur terre »

Auteur : Propos recueillis par Sylvie Laidet
avril 2011

Mathieu Lagache, 25 ans, chargé de mission développement au sein de Vitamine T*, un groupe d’insertion par l’activité économique (Lesquin).

Pourquoi vous êtes-vous orienté dans le secteur de l’économie sociale et solidaire ?

Né en 1986, je fais partie de cette génération qui a connu une crise permanente, un chômage de masse, une hausse constante de la précarité et du nombre de travailleurs pauvres. Rapidement, j’ai ressenti le besoin de me sentir utile et de donner un sens à mon travail.

Quelle formation avez-vous ?

Je suis diplômé de Sciences-Po Lille mention économie et finance avec une spécialisation en management de l’innovation sociale. Durant mes études, j’ai réalisé un stage dans une collectivité territoriale, un autre dans une entreprise de chasse de tête à Londres puis un stage long dans le groupe Vitamine T. Ces expériences, surtout la deuxième, m’ont ouvert les yeux sur ce que je ne voulais surtout pas faire.

Quel est votre boulot aujourd’hui ?

Je suis en charge des études prospectives pour le développement de nouveaux métiers, pour la création de nouvelles entreprises au sein du groupe et pour favoriser l’essaimage des activités existantes. Je m’occupe également de la recherche de financements privés, publics et européens. Enfin, il m’arrive de venir en appui aux entreprises du groupe sur des questions précises et ponctuelles. Grâce à ma formation, je suis donc trilingue : je parle à la fois le langage des clients, celui des élus et celui des travailleurs sociaux.

Quelles différences entre votre travail aujourd’hui dans l’ESS et le même type de poste dans le secteur lucratif ?

Tout ce que je fais aujourd’hui, je pourrai le faire dans le secteur marchand. Mais la finalité n’est absolument pas la même. Je mène des missions économiques au service d’une mission d’intérêt général : redonner un emploi durable à des personnes éloignées de l’emploi depuis longtemps. Mais attention, la militance ne dispense pas de la compétence. J’ai coutume de dire qu’un cadre de l’ESS à la tête dans les étoiles et les pieds sur terre.

Quid du management et de l’organisation ?

Ici, le management est différent. Je mène les missions de A à Z, je ne suis pas cantonné à une partie d’un projet. Je suis jeune diplômé et j’ai des responsabilités que je n’aurai jamais eues ailleurs aussi rapidement. Je travaille en direct avec le top management. C’est très formateur pour un JD et cela vaut plusieurs années passées dans un grand groupe. Enfin, je travaille en direct avec la présidence et la direction générale, donc les circuits de décision sont courts. On gagne en réactivité.

En termes de rémunération, avez-vous dû consentir des efforts particuliers pour être recruté dans le groupe Vitamine T ?

Si je m’en réfère à la grille des salaires à la sortie de mon école, je suis tout à fait dans la moyenne. De mon point de vue, ma rémunération est satisfaisante  car cela n’a pas été ma principale motivation pour travailler dans ce secteur de l’insertion par l’activité économique. J’y suis venu par conviction. J’engrange beaucoup d’expérience et j’ai réellement le sentiment d’être utile.

 

*Voir le site de Vitamine T


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