« Mon engagement est supérieur à celui d’un salarié classique »

Auteur : Propos recueillis par Sylvie Laidet
avril 2011

Claire Michaut, responsable du pôle web du groupe coopératif Chèque Déjeuner*.

Que faisiez-vous avant d’être embauchée par le groupe Chèque Déjeuner ?

Après ma maîtrise de littérature comparée et suite à un stage, j’ai été embauché comme rédactrice dans une start-up. Au bout d’un an et demi, j’avais fait le tour du poste, je n’avais pas de perspective d’évolution. Le management autoritaire du dirigeant n’était plus supportable. C’était aussi très éprouvant pour l’équilibre vie privée / vie pro.

Vous avez donc décidé de chercher ailleurs…

J’ai postulé dans le groupe Chèque Déjeuner, car l’une de mes coéquipières de basket y travaillant, me parlait toujours avec grand plaisir de son employeur. Un jour, elle m’a proposé de faire passer mon CV à la DRH.

De quoi vous a-t-on parlé lors de l’entretien de recrutement ?

De l’intérêt du poste bien sûr mais aussi des valeurs du groupe, du management de proximité et des possibilités d’évolution. Ce discours m’a séduit, j’ai donc pris le risque de démissionner d’un CDI pour un CDD (remplacement de congé maternité). Un gros pari.

Au quotidien, quelles sont les principales différences entre une société coopérative et une entreprise classique ?

La communication et le partage de l’information sont permanents. Les décisions sont certes prises par le comité de direction mais nous en sommes informés rapidement et les choix sont motivés. Les envies des salariés sont également davantage prises en compte par le management de proximité.

Comme tous les salariés en CDI, vous êtes sociétaire du groupe et possédez des parts sociales, cela signifie quoi ?

Un sociétaire a des droits et des devoirs. Nous participons et approuvons les comptes de l’entreprise lors de l’assemblée générale annuelle. Tous les 4 ans, nous élisons les membres du conseil d’administration, tous des salariés, et notre PDG. C’est un principe très égalitaire car un homme = une voix que l’on soit employé, manager ou dirigeant. Le fait de détenir des parts sociales, donc une partie du capital de l’entreprise, est très impliquant. Mon engagement est supérieur à celui d’un salarié classique. Je travaille pour ma propre entreprise.

Avez-vous des objectifs annuels ?

Bien sûr, comme dans n’importe quelle entreprise, on nous fixe des objectifs afin d’être toujours meilleur que la concurrence. Mais le management veille à ce qu’ils soient à la fois ambitieux et atteignables. Le but n’est pas de mettre les gens en situation d’échec.

Quid de votre évolution de carrière en 10 ans ?

Malgré deux congés maternité, j’ai bénéficié d’une promotion interne tous les 3 ans comme les autres salariés.

Et côté conditions de travail et ambiance ?

Même si nous avons bien sûr des horaires à respecter, il est tout à fait possible de concilier vie privée et vie professionnelle. En cas d’imprévu, il suffit d’en parler à son manager et de proposer une solution de récupération. Chacun est responsable de son travail. Pas besoin de se justifier quand on part du boulot à 18 heures. Cela permet de gagner en sérénité. La convivialité est également omniprésente. Chacun fait son maximum pour entretenir un véritable lien social. Aussi bien la direction que les salariés.

Avez-vous du consentir à un baisse de salaire pour intégrer le groupe ?

Non car à l’époque, il y a donc 10 ans, j’avais un profil junior. Dans le groupe, le rapport entre le plus bas salaire et celui du PDG est de 1 à 7. Nous sommes payés sur 14 mois, bénéficions de la participation sur les résultats et nous avons les fameuses parts sociales.

Tout semble idyllique, avez-vous cependant un petit regret aujourd’hui ?

C’est vrai que j’aimerais que mon salaire soit indexé sur les prix du marché. Mais je sais aussi que c’est impossible car sinon, il faudrait que tous les salaires de l’entreprise le soient. Y compris celui du PDG.

 

*Voir le site de Chèque Déjeuner


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