« Il y a de la place pour les seniors dans l’ESS »

Auteur : Propos recueillis par Sylvie Laidet
avril 2011

Alix Guibert, 60 ans, responsable des ressources financières de la Fédération Habitat et Humanisme*.

Quel a été votre parcours avant d’arriver chez Habitat et Humanisme ?

Après une école de commerce, j’ai bossé dans la pub, le secteur bancaire puis comme responsable export d’une entreprise de matériel ferroviaire. Puis, j’ai arrêté de travailler pour m’occuper de mes 5 enfants. En 1991, j’étais à nouveau plus disponible et je cherchais une activité dans laquelle je pourrais exercer mon métier. A cette époque dans mon quartier, deux familles étaient menacé d’expulsion de leur logement. Je me suis donc engagée à les aider et c’est là que j’ai rencontré Bernard Devert, le fondateur d’Habitat et Humanisme. Il m’a alors expliqué sa démarche pour faire du logement très social, entre 4 et 6 euros/ m2. Séduite, je me suis lancée dans le bénévolat. Et puis, il y a 5 ans, je me suis interrogée pour savoir si je continué ou pas.

 

Comment vous–êtes vous décidée ?

A 55 ans, j’ai donc fait un bilan de compétences qui m’a conforté dans mon choix de vouloir me sentir utile pour les autres.

 

Quel est votre job aujourd’hui ?

Cela consiste, entre autres, à aider les associations membres de la Fédération Habitat et Humanisme à trouver des fonds pour acheter ou rénover un appartement. Pour cela, je travaille avec les banques mais aussi sur des produits d’épargne solidaire et donc avec les souscripteurs. Je m’y retrouve car notre capacité de réaction par rapport aux familles est très rapide, le fruit de notre travail est immédiat. Je mène des missions d’intérêt général avec en plus un accompagnement sur-mesure pour les gens souvent très seuls.

 

Quid de l’organisation de la structure ?

Nous sommes une organisation très organisée avec des chefs de service, des directeurs… comme dans une entreprise classique. L’une des principales différences avec le secteur lucratif est qu’au quotidien, il faut faire travailler ensemble des salariés et des bénévoles. Ils ne sont pas animés par le même moteur. L’un est payé, l’autre pas. Un bénévole fonctionne beaucoup à l’affectif tout en étant très exigeant. Il faut donc faire preuve de davantage de patience, savoir accueillir leurs initiatives… Mais ces échanges me passionnent toujours autant.

 

Il y a donc de la place pour les seniors dans l’ESS ?

Oui et d’ailleurs, j’ai moi-même recruté deux personnes seniors. Auparavant, nous prenions des stagiaires que nous formions, puis que nous embauchions et puis au bout de 2 ou 3 ans, ces personnes nous quittaient pour d’autres horizons. Les deux seniors assurent davantage de stabilité à l’effectif. Il faut également beaucoup de rondeurs pour travailler avec le milieu associatif, grâce à leur expérience, ces personnes y parviennent parfaitement.

 

A quand la retraite pour vous ?

Je me donne encore quelques années avant d’arrêter. Peut-être que je vais opérer quelques ajustements mais pas question d’abandonner mon poste comme ça.

 

*Voir le site de Habitat et Humanisme


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