L'ESS, un secteur à la croisée des chemins

Auteur : Sylvie Laidet
avril 2011

Économie sociale et solidaire (ESS), une expression qui fait rêvée mais qui peut également faire cauchemarder. En effet, comme les autres secteurs, l'ESS n’est pas exempt de scandales.

Une économie polluée par quelques affaires

Scandale de l’Arc, de la MNEF… Et plus récemment, beaucoup se sont demandés ce que les Caisses d’épargne et les Banques Populaires étaient allées faire dans les subprimes, au point de devoir être sauvées in extremis par l’Etat.

ESS et secteur lucratif classique, bonnet blanc et blanc bonnet ?

Dans le cas de banques coopératives, on voit que le système de gouvernance « un homme = une voix » n’a pas empêché pas les dérives. A cela plusieurs explications : les bons résultats des entreprises concernés ont aveuglé les différentes instances représentatives des sociétaires.

Et puis, « si les sociétaires peuvent parfois exercer un certain contrôle au niveau local ou au niveau des banques fédérées, c'est moins vrai au niveau des structures fédérales. Une situation qui fait d'autant plus problème que, de servantes en théorie des banques fédérées, les structures de tête tendent à en devenir peu à peu les maîtresses, via la centralisation de divers services communs. Les arbitrages au niveau du groupe résultent dès lors de compromis entre barons, les dirigeants de la structure de tête ayant d'autant plus d'autorité qu'ils jouent parfois un grand rôle dans la sélection des dirigeants placés aux commandes des banques fédérées… Au final, l'organisation du pouvoir, bien que théoriquement démocratique, finit par se rapprocher de celle en vigueur dans l'Eglise catholique, où le pape nomme les cardinaux et les évêques! », écrit Philippe Frémeaux d’Alternatives Economiques.

Alors que faire ?

S’asseoir sur le modèle des banques coopératives parce que « leur gouvernance coopérative n’a pas apporté une résistance plus forte que son homologue capitaliste face aux tentations offertes par la dérégulation de la finance », poursuit-il. Non, mais comme ailleurs, l’ESS ne peut pas être exempte de tout contrôle et de toute régulation.


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