Les 3 raisons pour se lancer dans l’ESS

Auteur : Sylvie Laidet
avril 2011

L’ESS (Économie sociale et solidaire) fait rêver beaucoup de cadres à la recherche d’un renouveau dans leur carrière. Une quête de sens souvent comblée mais pas toujours. Se lancer dans l’ESS mérite de s’attarder sur d’autres critères de choix.

La quête de sens

C’est souvent la motivation N°1 des candidats à un job dans l’ESS. Et c’est vrai que dans ce secteur, même si les tâches sont assez similaires à celle du privé lucratif, la finalité du boulot est différente. Cela peut être de rétablir les équilibres Nord/ Sud, la réinsertion sociale de publics en difficulté… « C’est une économie du lien et pas uniquement une économie du bien », résume Cyrille Chrétien, président de Ressources Solidaires.

« C’est mieux qu’ailleurs car l’humain est au cœur du système mais ce n’est pas le paradis car il y a parfois des rapports de force entre Hommes », prévient Frédéric Massot, président du centre des jeunes, des dirigeants, des acteurs de l’économie sociale. « Surtout les attentes des cadres vis-à-vis de l’ESS sont bien supérieures à celles qu’ils pourraient avoir envers le système classique. Or dans les petites structures de l’ESS, il n’y a pas forcément de direction des ressources humaines pour donner le ton du management. Cela créé parfois des grandes désillusions chez les nouvelles recrues », ajoute-t-il.

Un secteur qui résiste à la crise

Du fait de son ancrage territorial et donc de son caractère non délocalisable, mais aussi grâce à un capital inaliénable, l’ESS a plutôt bien résisté à la crise. « Le secteur a continué à créer des emplois même pendant la crise car son modèle économique est plus solide en étant basé sur le long terme. Dans l’ESS, on ne doit pas dégager des profits pour satisfaire rapidement des actionnaires », souligne Guillaume Légaut, délégué général du Conseil des entreprises, employeurs et groupement de l’économie sociale.

Un exemple ? Malgré la crise et la diminution du nombre de contrats aidés, les effectifs salariés du secteur associatif ont progressé de 1,8% (+30 000 emplois) en 2009 selon une étude de l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale. Dans le même temps, l’ensemble du secteur privé perdait 2,3% de salariés. Ce secteur va poursuivre son développement car il répond toujours à des nouveaux besoins. La hausse du chômage et la montée en puissance des exclusions poussent les citoyens et les entreprises à rechercher de nouveaux modèles de développement.

Une demande accrue

Les Français sont de plus en plus nombreux à donner du sens à leurs achats et  à consommer des produits plus responsables. Près d’un foyer sur quatre achète régulièrement un produit issu du commerce équitable et plus de quatre Français sur dix consomment un produit bio au moins une fois par mois.

Toutefois, ce n’est pas demain que l’ESS se diffusera dans l’ensemble de l’économie. A cela deux raisons. D’abord les organisations de l’ESS poursuivent toutes un but particulier et pas une finalité générale (faire de l’argent), ce qui limite leur propension à se diffuser. Ensuite, « nous allons continuer à consommer des biens et des services qui ne seront pas de sitôt, s’ils le sont un jour, produits par des entreprises sociales et solidaires », écrit Philippe Frémeaux dans le numéro d’Alternatives Economiques de mars 2011.

Donc attention, en termes de carrière, à ne pas mettre tous ces œufs dans le même panier. Les allers et retours entre l’ESS et le privé lucratif ne sont pas incompatibles.


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