L'économie sociale et solidaire, kezako ?

Auteur : Sylvie Laidet
avril 2011

Économie sociale et solidaire ou ESS. Quelle réalité se cache derrière ces trois lettres ?

Une économie non lucrative

Une économie qui ne recherche pas le profit pour le profit. Une économie qui ne sacralise pas les actionnaires au détriment des salariés. Une économie avec des valeurs morales. Si, si ça existe, vous ne rêvez pas. Cela s’appelle l’économie sociale et solidaire. L’ESS pour faire court.

Ce secteur regroupe en fait des structures ayant plusieurs points communs : être des sociétés de personnes et non de capitaux, avoir un fonctionnement collectif (au moins 2 personnes) et démocratique et ne pas poursuivre de but lucratif.

Dans l’ESS, une partie des bénéfices est réinvestie dans l’entreprise, c’est ce que l’on appelle les « réserves impartageables ». Exit les dividendes aux actionnaires. Aujourd’hui, l’ESS regroupe plus de 215 000 organisations soit près de 2,3 millions de personnes. Soit un salarié français sur dix. En valeur, l’ESS pèse 8% dans le PIB français.

Mais qui sont les employeurs de l’ESS ?

On vous aurez caché l’existence de tout un pan de l’économie française. Eh bien non, car comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, vous baignez dans l’ESS sans le savoir. Comment ?

En adhérant par exemple à une mutuelle de santé, en faisant du bénévolat dans une association, en faisant vos courses dans l’une des grandes coopératives de la grande distribution, en achetant des produits issus du commerce équitable….

En effet, ce secteur économique regroupe des mutuelles d’assurance et de santé, des associations, des coopératives mais aussi des fondations. « Parmi les 100 plus grosses entreprises appartenant à l’économie sociale, 45 sont des coopératives (Coopérative atlantique, Banque populaire, …), 11 sont des mutuelles (MGEN, Macif, etc…), 36 sont des associations (Croix Rouge Française, APF, etc…) et 8 des fondations », souligne Guillaume Gaudron du pôle Etudes économiques régionales à l’Insee (PDF 1 Mo).

Les salariés de l’ESS travaillent essentiellement dans les activités financières, les services aux particuliers, l’éducation, la santé et l’action sociale.

Un label « entreprise solidaire »

Dans ce vaste champ de l’ESS, certaines structures peuvent postuler au label « entreprise solidaire ». D’après un décret daté du 18 mars 2009 sont considérées comme entreprises solidaires, les entreprises non cotées en bourse qui emploient au moins 30 % de salariés dans le cadre de contrats aidés ou en situation d’insertion professionnelle, ou qui remplissent certaines règles en matière de rémunération de leurs dirigeants et salariés.

Elles doivent par exemple s’engager à ce que « le salaire annuel moyen des cinq salariés ou dirigeants les mieux rémunérés, n’excède pas cinq fois la rémunération annuelle perçue par un salarié à temps complet payé sur la base du SMIC ». Outre l’aspect « vitrine », cet agrément offre des avantages en termes de financements. Il permet en effet de bénéficier de fonds solidaires gérés par des sociétés spécialisées dans l’épargne salariale.


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